Découvrez le mystérieux fondateur de Deepseek, le rival chinois de Chat-GPT : un patriotisme ambitieux à l’œuvre.

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Deepseek, un laboratoire chinois d’intelligence artificielle, connaît un succès fulgurant sous la direction de son fondateur Liang Wenfeng, autrefois inconnu. Il s’est imposé comme un acteur clé dans le domaine, suscitant des discussions sur la concurrence technologique entre la Chine et les États-Unis. Liang, inspiré par des pionniers comme Jim Simons, a orienté sa carrière vers l’IA après des succès dans la finance. Son objectif est de propulser l’innovation en Chine, soutenu par les autorités gouvernementales.

Deepseek, un laboratoire de recherche en intelligence artificielle basé en Chine, a récemment fait sensation. En un clin d’œil, une application d’IA d’origine chinoise a été adoptée par des millions d’utilisateurs à travers le monde. Cette success story rappelle l’épopée de David contre Goliath, avec Liang Wenfeng, le fondateur de Deepseek, incarnant le rôle du héros.

Au début de cette année, Liang était encore un visage inconnu, même dans son propre pays. Aujourd’hui, il est célébré comme un pionnier, tant par les nationalistes en Chine que par les chercheurs en IA et les passionnés de technologie à l’international.

Cependant, derrière ce succès se cache une réalité plus complexe. Certains voient cela comme une offensive ciblée de la Chine pour rivaliser avec la domination américaine en matière d’intelligence artificielle – un moment qui coïncide avec l’inauguration de Donald Trump.

Un Visionnaire à la Tête de Deepseek

Pour mieux comprendre Deepseek et ses ambitions, il est essentiel de se pencher sur son fondateur, Liang Wenfeng. Originaire de Zhanjiang, dans la province du Guangdong, Liang est né en 1985. À l’âge de 17 ans, il entame des études en informatique à l’Université de Zhejiang, une institution respectable mais moins renommée que l’Université Tsinghua.

En 2008, en pleine crise financière mondiale, il co-fonde une société de fonds quantitatifs avec ses camarades de classe, visant à prédire les mouvements de marché à l’aide de modèles mathématiques. Dans le contexte chinois, où la libéralisation des marchés financiers a commencé dans les années 2000, cette initiative était avant-gardiste.

Liang s’inspire de Jim Simons, un célèbre gestionnaire de fonds spéculatifs américain, et plus tard, il rédige la préface de sa biographie traduite en chinois.

En 2015, à seulement 30 ans, il connaît le succès en lançant High-Flyer, un gestionnaire de fonds quantitatifs axé sur l’utilisation de l’IA pour optimiser les stratégies d’investissement. Un ancien salarié a même noté que Liang programme quotidiennement, ce qui distingue sa société des autres acteurs technologiques.

Ainsi, High-Flyer se heurte à un défi majeur : le manque de puissance de calcul.

Des Ambitions Technologiques Claires

Pour surmonter cet obstacle, Liang entreprend de construire deux superordinateurs, nécessitant des milliers de cartes graphiques et de puces, notamment provenant de Nvidia. En 2021, High-Flyer figure parmi les leaders du secteur des fonds quantitatifs en Chine, avec plus de 100 milliards de yuans d’actifs sous gestion.

Néanmoins, cette ascension est rapidement freinée par un durcissement des réglementations sur le marché technologique. Liang se détourne alors du secteur financier pour se concentrer sur l’IA, disposant des ressources nécessaires pour mener à bien ses ambitions.

Bien que Deepseek compte 139 chercheurs et ingénieurs, il reste modeste comparé à des géants comme OpenAI. Toutefois, ce projet est soutenu par l’une des entreprises de fonds quantitatifs les plus prospères de Chine, garantissant ainsi des ressources financières solides.

Le rapport de dons de 2023 illustre la bonne santé de High-Flyer, qui a contribué pendant des années à des œuvres sociales, avec des spéculations selon lesquelles Liang aurait personnellement fait don de 17 millions de francs à des œuvres caritatives en 2022.

Dans une interview récente, Liang a souligné que son principal défi n’était pas le financement, mais plutôt les restrictions américaines sur les exportations de puces haute performance, un problème critique pour son projet.

Liang et son équipe ne visent pas seulement des objectifs commerciaux, mais aspirent à un objectif patriotique. Ils souhaitent rehausser l’innovation en Chine, permettant au pays de ne plus se contenter d’imiter les autres. Liang rêve de démontrer que la Chine peut également mener le monde technologique.

Le gouvernement chinois partage cette vision. Liang a récemment été convié à une réunion avec le Premier ministre Li Qiang, signalant un soutien potentiel et une attention croissante de la part des autorités.