La Cour suprême prend son temps pour décider sur la subvention de 9 milliards de dollars dédiée au haut débit

La Cour suprême semble hésiter à abolir le Fonds de service universel (FSU), essentiel pour l’accès à Internet des Américains à faible revenu et des zones rurales. Les juges ont montré peu de soutien à l’argument selon lequel le programme serait illégal. Malgré les critiques des conservateurs, le FSU, financé par des frais sur les factures téléphoniques, reste populaire. La décision de la Cour, attendue fin juin, pourrait influencer l’avenir du financement du programme face à des défis économiques.

Un Soulagement pour le Fonds de Service Universel

Les partisans de l’égalité d’accès à Internet peuvent respirer un peu plus facilement, car la Cour suprême semble hésiter à abolir le Fonds de service universel (FSU). Ce programme, qui consacre près de 9 milliards de dollars chaque année, permet aux Américains à faible revenu et aux communautés rurales d’accéder aux services téléphoniques et à Internet, tout en soutenant des établissements comme les écoles, les bibliothèques et les hôpitaux.

Le groupe à but non lucratif conservateur Consumers’ Research a lancé une action contre la Commission fédérale des communications (FCC) en 2022, et le sujet est plus pertinent que jamais. En parallèle, l’administration Trump a plaidé pour des transformations majeures dans le cadre d’un investissement de 42 milliards de dollars dédié à l’infrastructure de la large bande rurale. La décision de la Cour concernant le FSU pourrait potentiellement bouleverser des subventions qui existent depuis trois décennies.

Les Positions des Juges

Les juges progressistes de la Cour suprême, ainsi qu’Amy Coney Barrett et Brett Kavanaugh, ont semblé peu convaincus par l’argument selon lequel le programme serait illégal ou non régulé par le Congrès. Adam Crews, professeur de droit à Rutgers et représentant de la FCC lors des audiences, a affirmé : « Si j’étais le gouvernement, je serais plutôt optimiste en ce moment. » Il a ajouté que l’idée que cinq juges soient prêts à soutenir la position du Cinquième Circuit ne semblait pas plausible.

Le FSU est depuis un certain temps dans le viseur des conservateurs. Dans le cadre du Projet 2025, le commissaire de la FCC, Brendan Carr, a proposé une nouvelle méthode de financement qui exigerait des grandes entreprises technologiques qu’elles contribuent, plutôt que les compagnies de télécommunications traditionnelles. Carr a même qualifié l’approche actuelle de la FCC de « taxation archaïque ».

La note juridique déposée par Consumers’ Research dépeint une image d’une bureaucratie hors contrôle, où des fonctionnaires non élus imposent des taxes sans limites claires. Cependant, les juges ont semblé peu réceptifs à cet argument, faisant remarquer que le programme vise principalement à garantir l’accès des populations rurales et défavorisées à des services essentiels.

Les préoccupations soulevées par le juge conservateur Samuel Alito concernant les répercussions d’une décision défavorable sur les zones rurales montrent qu’il n’est pas prêt à décider à la légère. Son silence, ainsi que celui du juge en chef, pourrait indiquer une tendance à maintenir le statu quo plutôt qu’à risquer des changements radicaux.

Comprendre le Fonds de Service Universel

Si vous scrutez votre facture de téléphone, vous remarquerez probablement un ajout pour le « Service Universel ». La FCC collecte des fonds auprès des entreprises de télécommunications qui, à leur tour, les répercutent souvent sur les consommateurs. Cela constitue le point de friction pour Consumers’ Research, qui considère cette redevance comme une taxe, une compétence réservée au Congrès.

Au cœur du débat se trouve le principe du « service universel », qui stipule que tous les citoyens américains doivent avoir accès à des services de communication performants à des tarifs abordables. Le FSU, établi par la mise à jour de la Loi sur les communications en 1996, élargit cette définition pour inclure l’Internet à large bande en plus des services téléphoniques.

Le FSU finance quatre programmes ciblant divers aspects de la fracture numérique : le Fonds Connect America, Lifeline, E-Rate, et le Programme de soins de santé rural, tous gérés par l’USAC, une organisation privée à but non lucratif. Blair Levin, ancien chef de cabinet à la FCC, souligne que renverser un programme de 30 ans pour une initiative théorique serait problématique, surtout étant donné sa popularité, y compris parmi des électeurs républicains.

À Quoi S’Attendre Ensuite

Nous ne devrions pas attendre de nouvelles informations sur l’affaire du FSU avant la décision de la Cour suprême, prévue pour la fin juin. Si les tendances actuelles se maintiennent, le programme continuera à être financé par des frais ajoutés sur les factures téléphoniques dans un avenir proche. Néanmoins, l’idée de maintenir ce financement à long terme pourrait devenir insoutenable.

Le défi économique lié à des besoins de financement croissants face à des revenus en baisse est un sujet bien connu depuis longtemps, laissant place à des questionnements sur la pérennité du FSU et son modèle financier.