Le récent cessez-le-feu en mer Noire, facilité par les États-Unis, soulève des inquiétudes quant à une manœuvre stratégique de la Russie. Les experts estiment que l’accord favorise davantage Vladimir Poutine que Volodymyr Zelensky. Alors que la Russie pourrait retarder de futurs pourparlers de paix et renforcer sa flotte, Zelensky reste sceptique sur la durabilité de cet accord. Bien qu’il offre à l’Ukraine une opportunité de relancer son commerce de céréales, des tensions persistent, notamment sur les exigences de Poutine concernant l’OTAN.
Un cessez-le-feu en mer Noire : une manœuvre stratégique de la Russie ?
Le récent cessez-le-feu en mer Noire pourrait être perçu comme une tactique de la Russie, suggérant que Vladimir Poutine pourrait l’utiliser pour étendre son territoire, selon des experts en défense.
Des analystes militaires ont souligné que cet accord, facilité par les États-Unis, semble davantage bénéficier à Poutine qu’à Volodymyr Zelensky, qui aspire à instaurer une paix durable pour son pays dévasté par le conflit.
Après des négociations prolongées, la Maison Blanche a annoncé que les nations en guerre avaient convenu de suspendre les frappes dans la région de la mer Noire et sur les infrastructures d’énergie.
Washington a également accepté de réduire certaines sanctions contre Moscou, marquant ainsi un pas significatif vers la reconnaissance des positions russes.
Les discussions ont été menées par des négociateurs américains qui ont passé trois jours à Riyad, en Arabie Saoudite, à dialoguer séparément avec des délégations d’Ukraine et de Russie.
Bien que les détails de l’accord n’aient pas encore été pleinement divulgués, les experts craignent qu’il n’offre des avantages considérables à la Russie dans le cadre de ce conflit.
Les implications du cessez-le-feu pour la Russie et l’Ukraine
Poutine a réussi à mettre un terme aux combats sur l’un des fronts les plus fructueux de l’Ukraine, tout en stoppant d’autres attaques sur les raffineries de pétrole russes dans le cadre d’un accord annexe.
Il semble que Poutine pourrait retarder d’autres pourparlers de paix pendant plusieurs mois, cherchant à conquérir davantage de territoires envahis et à repousser les forces ukrainiennes de la région de Kouïsk en Russie.
L’ancien chef de l’OTAN, Hamish de Bretton-Gordon, a mentionné que cet accord est principalement avantageux pour la Russie, leur permettant de rétablir leur flotte en mer Noire et de reprendre leurs exportations.
Il a ajouté que l’accord ne couvre pas suffisamment l’arrêt des attaques sur les infrastructures russes, notamment l’industrie pétrolière, qui a été gravement touchée.
Zelensky a exprimé des doutes quant à la durabilité de cet accord, avertissant qu’il pourrait s’effondrer peu après son adoption.
Bien que Kyiv ait salué l’accord, il a souligné que c’était encore ‘trop tôt’ pour juger de son efficacité.
Un des avantages pour l’Ukraine est la possibilité de relancer son commerce de céréales, gravement affecté, à travers ses ports de la mer Noire.
Pourtant, Poutine continue d’exiger que l’Ukraine soit exclue de l’OTAN et qu’elle cesse presque toute importation d’armements en provenance de l’Ouest.
L’ancien général Chip Chapman a prévenu que la Russie continuera d’opter pour une solution militaire tout en tentant de manipuler les diplomates américains pour obtenir ce qu’elle désire.
Il a conclu que cet accord ne garantit pas un passage immédiat vers un cessez-le-feu complet, et que la situation reste incertaine quant à sa mise en œuvre.
Le Kremlin a indiqué que les accords ne prendraient effet que si certaines relations bancaires russes avec le système financier international étaient rétablies.
Au cours des négociations, les États-Unis ont promis d’explorer la possibilité de lever les sanctions internationales sur les exportations agricoles et d’engrais russes, une demande que la Russie a formulée à plusieurs reprises.
Ces accords ont été conclus suite à des pourparlers parallèles en Arabie Saoudite, qui ont suivi des discussions téléphoniques séparées entre les dirigeants concernés.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, a ajouté qu’il leur faudrait des garanties claires, suggérant que seule une directive de Washington pourrait assurer la conformité de Zelensky et de son équipe.