Nouvelle information sur le tremblement de terre en Birmanie : ce qu’il faut savoir

Le tremblement de terre de magnitude 7,7 survenu au Myanmar a causé d’importants dégâts, entraînant la perte d’au moins 2 700 vies. La rupture le long de la Faille de Sagaing, proche de Mandalay, a intensifié les secousses grâce à sa faible profondeur. La géophysicienne Susan Hough explique le phénomène de liquéfaction des sols, exacerbée par des sédiments saturés et une activité sismique, augmentant le risque dans des zones comme Mandalay et Yangon. Des exemples historiques illustrent également les dangers de la liquéfaction.

Les Conséquences Dévastatrices du Tremblement de Terre au Myanmar

Alors que les opérations de sauvetage et de rétablissement s’accélèrent dans le Myanmar touché par le tremblement de terre, des informations supplémentaires sur le cadre géologique qui a exacerbé cette tragédie commencent à se dévoiler.

Le séisme de magnitude 7,7 survenu le 28 mars a secoué l’Asie du Sud-Est, causant l’effondrement de bâtiments, de barrages et de ponts, et entraînant la perte d’au moins 2 700 vies. La rupture s’est produite le long d’une faille d’environ 1 400 kilomètres, connue sous le nom de Faille de Sagaing, s’étendant sur plusieurs centaines de kilomètres. L’épicentre se situait à seulement 10 kilomètres de profondeur, près de la ville de Mandalay.

La proximité de la rupture à la surface a engendré un phénomène où toutes les vagues d’énergie sismique ont atteint le sol presque simultanément, provoquant des secousses puissantes et dévastatrices, explique Susan Hough, géophysicienne au programme des risques sismiques du US Geological Survey à Pasadena, Californie. Dans une récente interview, Hough a discuté des impacts du tremblement de terre et d’un phénomène dévastateur connu sous le nom de liquéfaction.

Comprendre la Liquéfaction des Sols

SN : Qu’est-ce que la liquéfaction ?

Hough : Nous aimons parfois expliquer l’amplification des vibrations du sol en utilisant l’analogie d’un bol de Jell-O. Lorsque les sédiments sont suffisamment sablonneux et saturés d’eau, les vibrations peuvent faire perdre au matériau sa consistance solide, le transformant en une substance semblable à du sable mouvant.

SN : Comment les vibrations transforment-elles ces sédiments en sable mouvant ?

Hough : Lorsque le sol est mal compacté et saturé d’eau, les secousses perturbent ce compactage, faisant se rapprocher les grains de sable. Cela entraîne une augmentation de la pression de l’eau dans les espaces entre les grains, réduisant considérablement la résistance du sol. La pression de l’eau prend alors le relais de la charge supportée par le sol.

Ce phénomène peut entraîner un affaissement du sol, ainsi que des structures qui reposent dessus. Les fondations des bâtiments deviennent instables car le sol perd sa solidité.

SN : Donc, la combinaison de sédiments humides et épais avec une activité sismique est particulièrement dangereuse ?

Hough : Absolument. Les deltas fluviaux, riches en sédiments épais, associés à des activités sismiques, créent un environnement à haut risque. De nombreuses personnes vivent dans ces zones deltaïques en raison de leur proximité avec les cours d’eau, ce qui augmente le risque potentiel. Certaines villes à travers le monde se trouvent dans des régions particulièrement vulnérables.

SN : Cela inclut Mandalay ?

Hough : Exactement. Le fleuve Irrawaddy, qui traverse le Myanmar du nord au sud, constitue un vaste système de drainage avec un important delta fluvial. En raison des pluies de mousson et des tempêtes tropicales, la région est sujette à des inondations. Mandalay, située dans une cuvette entourée de montagnes, attire de nombreux habitants grâce à ses terres fertiles et à son rôle en tant qu’axe de transport, ce qui la rend propice à la liquéfaction.

Bien que la ville de Yangon, située à environ 200 kilomètres au sud de la faille, n’ait pas subi de dommages majeurs lors de ce tremblement de terre, elle est également sur un delta fluvial, ce qui pose des inquiétudes pour l’avenir. Un tremblement de terre de magnitude supérieure à 7 à proximité de Yangon pourrait avoir des conséquences catastrophiques, compte tenu de sa population dense et de sa fondation sur des sédiments instables.

SN : Y a-t-il d’autres cas récents où la liquéfaction a causé des dommages considérables ? Je pense au tremblement de terre de Mexico en 1985.

Hough : Oui, il existe de nombreux exemples. Parmi eux, le tremblement de terre de 1886 à Charleston, où la côte atlantique est recouverte de couches de sédiments épaisses. Les tremblements de terre de 1811 à 1812 à New Madrid, dans le Missouri, ainsi que celui de San Francisco en 1906, illustrent également les effets dévastateurs de la liquéfaction.

SN : Qu’avons-nous appris récemment sur les origines du tremblement de terre au Myanmar ?

Hough : Les enquêtes sur le terrain viennent de commencer. Grâce à l’imagerie par télédétection, nous avons mieux compris la longueur de la rupture, qui atteint jusqu’à 400 kilomètres. Cependant, il existe encore peu de données sismiques locales en ce moment.

SN : Le Myanmar dispose-t-il d’un réseau sismique ?

Hough : Oui, en 2012, alors que le Myanmar s’engageait sur la voie de la démocratisation, j’ai participé à un projet où le US Geological Survey collaborait avec le Département de météorologie et d’hydrologie du Myanmar pour gérer un réseau sismique. Bien que rudimentaire à l’époque, nous avons travaillé à moderniser ce réseau, ce qui a abouti à une mise à jour en 2016, avec des équipements modernes et cinq stations principales.