Scholz et Vance à Paris : Le sommet sur l’IA de Macron, un pont vers les États-Unis et la Chine

Scholz et Vance à Paris : Le sommet sur l'IA de Macron, un pont vers les États-Unis et la Chine

Un sommet international sur l’intelligence artificielle se tient à Paris, réunissant des leaders mondiaux pour discuter des enjeux, des opportunités et des risques de l’IA. Emmanuel Macron vise à positionner l’Europe face à la concurrence américaine et chinoise, tout en appelant à une réglementation équilibrée. Les investissements dans l’IA en France sont en forte hausse, mais des inquiétudes persistent quant à une réglementation excessive qui pourrait freiner l’innovation. L’événement met aussi en lumière les défis environnementaux liés à l’IA.

Les États-Unis dominent le paysage de l’intelligence artificielle, tandis que la Chine fait des avancées significatives avec Deepseek. Pour éviter que l’Europe ne soit laissée pour compte dans cette course technologique, le président français Emmanuel Macron a convié des représentants de 100 nations. Ce sommet sera l’occasion d’explorer les opportunités, les risques et l’énorme potentiel financier lié à l’IA.

Un sommet international de deux jours consacré à l’intelligence artificielle (IA) s’ouvre à Paris, rassemblant des chefs d’État, des membres du gouvernement, des leaders de l’industrie et des experts. Les discussions porteront sur les applications de l’IA dans divers secteurs tels que la santé, l’éducation et le monde du travail, tout en abordant des questions cruciales de réglementation et d’utilisation éthique de cette technologie.

Face à la concurrence accrue des géants de l’IA américains et chinois, le président Macron souhaite s’assurer que l’Europe reste compétitive dans ce domaine d’avenir. Ce rassemblement, réunissant environ 1500 participants venus de 100 pays, fait suite à deux sommets internationaux sur l’IA tenus en 2023 au Royaume-Uni et en Corée l’année précédente.

Parmi les participants notables se trouvent le chancelier allemand Olaf Scholz, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le vice-président américain J.D. Vance, ainsi que le Premier ministre indien Narendra Modi, qui co-préside l’événement. Des figures clés du secteur technologique, tels que Brad Smith de Microsoft, Sam Altman d’OpenAI et Sundar Pichai de Google, sont également attendus à Paris.

La France, un leader dans le domaine de l’IA

Le président Macron aspire à positionner la France comme un leader dans le secteur de l’IA lors de ce sommet. « La France est le pays phare en Europe en matière d’intelligence artificielle », a-t-il affirmé dans une interview accordée au journal ‘Le Parisien’. Lors d’une apparition sur France 2, il a annoncé un investissement de 109 milliards d’euros dans l’IA en France au cours des prochaines années et a plaidé pour une « réglementation mondiale » du secteur.

Macron insiste sur la nécessité de trouver un équilibre. « Il y a un risque que certains ne mettent aucune règle en place, ce qui serait dangereux », a-t-il déclaré au ‘Parisien’. « Mais il existe également le risque que l’Europe s’impose trop de règles, ce qui pourrait freiner l’innovation. Il nous faut maintenir cet équilibre. » En février dernier, l’UE a adopté l’AI Act, la première législation transnationale au monde régissant l’utilisation de l’intelligence artificielle.

Un appel à renforcer l’IA en Europe

En réponse à la concurrence des États-Unis et de la Chine, des startups allemandes et françaises ont récemment exprimé leur souhait de renforcer l’intelligence artificielle en Europe. Les acteurs du secteur appellent à une action urgente pour assurer la souveraineté technologique du continent, selon une déclaration conjointe de France Digitale et du European Startup Network. « L’Europe ne doit pas rester à la traîne », soulignent-ils, en référence à l’offensive d’investissement Stargate de 500 milliards de dollars des États-Unis et à l’avancée de la startup DeepSeek.

Les investissements prévus dans l’IA en France ont déjà été annoncés ces derniers jours. Le palais de l’Élysée a indiqué que les Émirats arabes unis souhaitaient investir entre 30 et 50 milliards d’euros dans un immense centre de données d’IA. De plus, le fonds canadien Brookfield prévoit d’investir 20 milliards d’euros d’ici 2030 pour développer des centres de données et d’autres infrastructures d’IA.

Le think tank fribourgeois Centrum für Europäische Politik (CEP) a plaidé pour une stratégie claire en matière d’IA européenne. « D’une part, l’Europe souhaite établir des normes mondiales avec une réglementation stricte, mais elle craint aussi de perdre son avance technologique. Cette double approche – vouloir être à la fois arbitre et acteur – pourrait compromettre les deux objectifs », a déclaré Anselm Küsters, expert en numérisation au CEP. L’UE doit concilier ses ambitions réglementaires avec le soutien à l’innovation pour ne pas se retrouver distancée par les États-Unis et la Chine.

Un avertissement contre une réglementation excessive

Avant le sommet, le syndicat professionnel Bitkom a mis en garde contre une focalisation excessive sur les questions de réglementation en Allemagne et en Europe, soulignant que cela engendre de l’incertitude pour les entreprises et freine les innovations. À Paris, l’accent sera mis sur les opportunités que l’IA offre à l’économie et à la société, ainsi qu’à la croissance et à la prospérité. « Il est urgent d’opérer un changement de perspective en Europe, et nous devons tirer parti de ce sommet pour favoriser l’innovation », a déclaré Susanne Dehmel, membre de la direction de Bitkom.

En revanche, l’organisation non gouvernementale AlgorithmWatch a appelé à aligner le développement et l’utilisation de l’IA avec les objectifs mondiaux de durabilité. Le sommet se déroule à un moment où la mentalité « Plus c’est grand, mieux c’est » concernant les modèles d’IA devient de plus en plus problématique. Le développement de l’IA contribue à l’augmentation de la demande énergétique mondiale, exacerbant ainsi la crise climatique. AlgorithmWatch avertit que l’expansion des centres de données énergivores est une problématique souvent négligée dans l’engouement actuel pour l’IA.