Titre : Décisions sur le capital propre de l’UBS : Le rôle du Parlement et du peuple en question.

Titre : Décisions sur le capital propre de l'UBS : Le rôle du Parlement et du peuple en question.

La garantie implicite de l’État pour l’UBS est estimée à 2,6 milliards de francs par an, selon une étude de l’Université de Berne. UBS conteste cette garantie, soulignant son capital de 185 milliards de dollars. Un débat se tient sur la nécessité d’une prime d’assurance annuelle pour cette protection, avec des propositions gouvernementales suggérant un montant de 70 à 140 millions de francs. La Commission du Conseil des États a suspendu le projet de loi jusqu’à fin 2026, en attendant des réformes réglementaires.

La garantie implicite de l’État pour l’UBS est évaluée à au moins 2,6 milliards de francs chaque année. Cette estimation est tirée d’une étude récente réalisée par des chercheurs de l’Université de Berne, fondée sur des données de 2022. Les chercheurs ont calculé cette valeur en comparant les prix réels sur le marché des assurances contre le risque de défaut (CDS) de l’UBS et le prix théorique qui correspondrait à son profil de risque sans soutien gouvernemental. Des études antérieures avaient également mis en lumière les avantages financiers dont bénéficient les grandes banques, tant au niveau national qu’international, en raison des supposées garanties de l’État. Toutefois, ces estimations varient considérablement, en raison de diverses incertitudes méthodologiques.

UBS maintient qu’il n’existe pas de garantie étatique, mettant en avant son coussin de capital de près de 185 milliards de dollars ainsi que l’évaluation effectuée par les agences de notation. En effet, deux des trois grandes agences internationales ne tiennent pas compte d’un éventuel avantage lié à une garantie étatique dans leurs notations de l’UBS.

Concernant l’évaluation de la garantie étatique actuelle pour l’UBS, il semble justifié de renforcer ou d’assouplir certaines règles, notamment celles relatives à la capacité de la banque à faire face à une éventuelle crise et à son coussin de capital.

Débat sur la prime d’assurance

Le débat majeur réside dans la question suivante : les banques concernées devraient-elles verser une prime d’assurance annuelle pour bénéficier de cette protection ? Les banques affirment que cela n’est pas nécessaire, car il n’existe pas de droit légal à l’aide d’urgence. En pratique, il est peu probable qu’une banque respectant les conditions stipulées dans le projet de loi ne reçoive pas l’assistance en liquidités requise. De plus, l’aide d’urgence vise principalement à protéger le grand public, et non pas à soutenir la banque en elle-même.

Quel devrait être le montant de cette prime d’assurance ? Selon la proposition du Conseil fédéral, la prime annuelle forfaitaire devrait être calculée en fonction du risque de perte pour l’État ainsi que des résultats financiers des banques concernées. Sur la base des chiffres de 2022, le gouvernement a estimé que le montant total pour les quatre banques d’importance systémique pourrait se situer entre 70 et 140 millions de francs, une part significative de ce montant devant revenir à l’UBS, ce qui alimente le débat.

Seco propose des frais plus élevés

Il existe plusieurs critères qui pourraient être pris en compte pour déterminer le montant de la prime : le risque de perte pour l’État, la nécessité d’éviter les distorsions de concurrence, ainsi que la prévention d’incitations indésirables pour les banques. En théorie, ces critères traitent essentiellement des mêmes enjeux, mais dans la pratique, la situation peut être plus complexe.

Les évaluations de la valeur de la garantie implicite de l’État pour l’UBS ne doivent pas être considérées comme un critère direct, mais plutôt comme un point de référence général. En effet, l’aide d’urgence en liquidités n’officialiserait qu’une partie de cette garantie implicite.

Lors d’une récente audition de la Commission économique du Conseil des États, quatre experts universitaires se sont prononcés en faveur de l’instauration d’une prime annuelle, recommandant un montant supérieur à celui proposé par le Conseil fédéral. De plus, lors d’une consultation interne, le Secrétariat d’État à l’économie (Seco) a également suggéré des frais plus élevés, en se basant sur des estimations liées aux distorsions de concurrence en faveur des grandes banques, ainsi que sur les prépaiements effectués par les banques au Royaume-Uni et au Canada, en plus du préfinancement d’un fonds de crise en Europe.

Report jusqu’en 2026

La Commission du Conseil des États n’a pas encore pris de décision. Elle a choisi de suspendre le projet de loi jusqu’à ce que le Conseil fédéral présente ses propositions finales pour une réforme globale de la réglementation bancaire, probablement d’ici la fin de 2026. Cela permettra d’avoir une vision d’ensemble, car l’aide d’urgence en liquidités est liée à d’autres réglementations, notamment celles portant sur les fonds propres. Des membres du Conseil ont déclaré que des exigences plus strictes en matière de fonds propres pour l’UBS pourraient réduire le coût de la prime d’assurance, car cela diminuerait le risque de perte pour l’État.

Le Conseil fédéral n’envisage pas d’augmenter les ratios de fonds propres de manière générale. Néanmoins, il souhaite que les banques d’importance systémique, comme l’UBS, détiennent une plus grande part de fonds propres pour leurs participations à l’étranger. Actuellement, la maison mère doit couvrir environ 60 % de ses participations étrangères avec des fonds propres, et cela pourrait passer jusqu’à 100 %. Cette décision est motivée par la nécessité de protéger la valeur des participations en cas de crise. Cependant, l’UBS s’oppose fermement à ce renforcement, arguant que cela nécessiterait des fonds propres supplémentaires « inutiles » pouvant atteindre 24 milliards de francs.

Incorporation de la question du capital dans la législation

Initialement, le Conseil fédéral souhaitait introduire ce renforcement par une révision de l’ordonnance sur les fonds propres. Cependant, selon des informations récentes,